Cette affirmation pourrait paraître d’une banalité absolue si elle était prise au premier degré. Car aucune race canine n’est comme les autres. Un chien pas comme les autres dans l’esprit pour ne pas dire dans le cœur de chaque passionné, de chaque mastinaro comme on dit de l’autre côté des Alpes,  bien entendu.

 

 L’histoire du mâtin napolitain est d’une richesse rare.

 

 Ses origines génétiques communes avec le dogue du Tibet sont consécutives à son apparition entre les hauts plateaux de l’Asie centrale et le Tibet.

 

 Mais aujourd’hui d’aucuns considèrent ce chien comme purement italien. Peut-être comme la race canine italienne la plus ancienne. Il faut dire que le mâtin napolitain a joué un rôle historique très particulier en Italie. Dans la Rome antique, il fut l’un des acteurs des jeux du cirque dans lesquels il s’opposa aux fauves. Il fut aussi et surtout l’auxiliaire des guerriers lors des conquêtes de l’Empire romain. Plus récemment, ses aptitudes naturelles à la garde et à la défense ont fait de lui le gardien des fermes et des riches villas de Campanie. C’est grâce à cela que quelques spécimens ont pu subsister dans une Italie très pauvre au milieu du siècle passé.

 

 Un tournant a été amorcé juste avant la seconde guerre mondiale. A cette époque, le Docteur

Ruggero Soldati, jeune vétérinaire de la région de Trevise part s’installer dans le sud de l’Italie.

Il commence à s’intéresser tout particulièrement aux chiens autochtones, le mâtin napolitain,

qui sont très différents de ceux du nord de l’Italie. Bien que très hétérogènes, il leur trouve des caractéristiques communes de molosse. Il entreprend alors des mesures cynométriques qui lui

permettront de rédiger avec l’aide d’amis un premier standard en 1946.  

 

 L’année 1949 fut celle de la consécration et sans doute celle du renouveau ou de la renaissance du mâtin napolitain. Car le standard fixant la norme de la race fut accepté par l’E.N.CI.  l’organisation  cynophile officielle italienne.

 

 A compter du milieu des années cinquante en Italie, l’élevage du mâtin napolitain prend un nouvel élan avec tout d’abord l’écrivain cynophile Piero Scanziani puis Mario Querci,  président d’honneur du Club du Mâtin napolitain,  mais grâce aussi à bon nombre d’autres éleveurs.

 

 Il n’est pas inexact de dire que le mâtin napolitain est un témoin de l’Histoire. Le Docteur Angelo Dolfi, éleveur italien reconnu et par ailleurs président de l’association du Trophée Mario Querci dont la raison d’être est de faire connaître l’apport de Mario Querci à la race et de célébrer sa mémoire, considère le mâtin napolitain comme faisant partie du « patrimoine mondial ».

 

 L’objet de ce standard illustré est de servir de vade-mecum à tous les passionnés. Qu’ils soient juges officiels, néophytes ou amateurs confirmés, producteurs ou non.

 

 Car si l’on peut aimer le mâtin napolitain pour sa charpente osseuse, pour son angulation arrière bien ouverte ou bien pour  son format de tête unique ou encore son type fait de plis et de rides notamment la fameuse ride de l’œil. Il ne faut pas oublier que le mâtin napolitain est constitué d’un ensemble de points très précis donnant une construction particulière et un type qui en font un chien unique.

 

 Si certains points fondamentaux sont assimilés par chacun, d’autres tout aussi spécifiques mais plus

 techniques sont parfois un peu escamotés. Ce standard illustré a donc pour but de mettre en valeur toutes les spécificités du mâtin napolitain.

 

 

                                              Philippe Le Nours